Ensemble, vaincre les nouveaux braconniers de la nature – De la délinquance à la criminalité organisée

cropped-21.png

 

Le 18 mai 2015 se déroulait au Palais du Luxembourg le colloque « Ensemble, vaincre les nouveaux braconniers de la nature ».

L’augmentation constante des populations humaines réduit les espaces encore naturels de notre planète. La conquête par l’homme de nouveaux territoires conduit à leur artificialisation du fait des besoins en habitat et en productions industrielles, agricoles, forestières et halieutiques.

colloque_braconnage_8

Les sanctuaires de la nature se réduisent comme peau de chagrin et les derniers animaux sauvages qui y vivent, témoins d’une valeur inestimable de l’évolution des espèces et du patrimoine génétique mondial, sont trop souvent massacrés à des fins mercantiles, notamment pour alimenter à prix d’or des pharmacopées asiatiques relevant du charlatanisme.

 

Le braconnage de ces espèces est considéré comme le quatrième marché illégal au monde, juste après le trafic de drogue, la traite des êtres humains et la contrefaçon. Les « braconniers de la nature » sont devenus une des menaces principales sur les espaces et les espèces, mais aussi sur les femmes et les hommes qui en tirent légitimement leurs moyens de subsistance.

 

Face à un tel enjeu pour la biodiversité, comme pour la sécurité publique, le Saint-Hubert Club de France a organiser au travers de ce colloque international, un débat sans tabous sur les moyens de lutter avec plus d’efficacité contre les nouveaux braconniers de la nature.

 

Dans la droite ligne de sa vocation d’éclaireur de la chasse durable, de la biodiversité et de la ruralité, il prend ainsi une position novatrice dans le vaste débat lancé récemment dans le monde Anglo-saxon sur le concept de « Wildlife crime ».

 Retrouvez les actes du colloque dans le numéro 117 de la Revue « Le Saint-Hubert » que vous pouvez commander au Saint Hubert Club de France

Maladies de la Faune sauvage, Santé publique et Biodiversité

 ambiance_colloque_2014_12

Le 16 septembre 2014 se déroulait au siège de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE),  Paris, le quatrième colloque du Saint-Hubert Club de France.

Les quinze intervenants étaient invités à traiter du sujet, brûlant d’actualité, des maladies de la faune sauvage et leurs conséquences sur la santé publique et la biodiversité.

Chasseurs, pêcheurs, éleveurs, vétérinaires, hauts responsables de l’OIE et de structures liées à la santé publique (DGAL, réseau SAGIR, FNGDS) ont ainsi pu échanger leurs points de vue devant la centaine de participants présents.

Les idées fortes à retirer du colloque :

La question de la santé de la faune sauvage est d’une grande importance aujourd’hui car la mondialisation, les rapprochements hommes – animaux et le changement climatique contribuent à augmenter les flux de déplacement des vecteurs de maladies.

De nouvelles maladies émergent, d’autres migrent d’un continent à l’autre et ce, par le biais, dans deux tiers des cas, de la faune sauvage.

 A l’échelle européenne, voire mondiale, il n’existe pas actuellement de structure de surveillance et de gestion vraiment uniforme et fédératrice, mais plusieurs projets sont en cours à diverses échelles.

Une bonne gestion sanitaire n’a pas de frontières : elle doit être au maximum harmonisée et établir une communication entre tous les acteurs liés à la santé de la faune, qu’ils soient particuliers ou gouvernementaux, qu’ils soient amateurs ou professionnels, passifs ou actifs. Mais elle doit être souple pour prendre en compte les particularités de chaque territoire, de chaque espèce, de chaque maladie qui se déclare. Les situations sont diversifiées et réclament une gestion adaptée au cas par cas.

Le système français de surveillance de la santé de la faune sauvage, sans doute l’un des meilleurs au monde, pourrait servir d’exemple.

Les chasseurs sont des piliers de la surveillance sanitaire et de la gestion de la faune sauvage. Ils sont ceux qui vont sur le terrain par tous les temps, en tous lieux, qui savent observer la faune et repérer les anomalies au sein de cette dernière. Leur concours est aussi précieux qu’efficace. Ils ont d’ores et déjà une certaine responsabilité dans la surveillance sanitaire de la faune sauvage.

Mais ils ne doivent pas être les seuls. Les éleveurs, les propriétaires de terrains clos, les gestionnaires d’espaces protégés, les naturalistes et, de façon plus globale, tous les usagers de la nature, doivent chacun avoir leur part de responsabilité. Les législateurs ne doivent pas l’oublier afin que la chasse ne pâtisse pas des conséquences possibles de ce rôle qu’on lui a attribué et que la loi se révèle au total répressive et contre-productrice.

Les chasseurs, comme les autres usagers de la nature, ne sont pas des professionnels de la santé animale. Ils accordent leurs concours et assument leur rôle car ils disposent d’une forme d’expertise, mais leur assistance doit être considérée comme un secours et non comme un dû. Une sollicitation trop importante devrait donner lieu à un dédommagement, à une contrepartie, et ce d’autant plus que leur responsabilité pourrait désormais être engagée dans certain cas.

 Si vous souhaitez en savoir plus, les actes du colloque ont été publiés dans le numéro 114 de la Revue « Le Saint-Hubert » que vous pouvez commander par email au sainthubertclubdefrance@gmail.com

« Gérer le territoire, le Gibier et les Hommes : de nouvelles Ambitions pour les ACCA »

COLLOQUE 2014 LIVRET bandeau1Le lundi 27 Janvier 2014, avait lieu au Palais du Luxembourg la quatrième Colloque du Saint-Hubert Club de France : « Gérer le Territoire, le Gibier et les Hommes : de Nouvelles Ambitions pour les ACCA », les Associations Communales de Chasse Agréées, à l’occasion du cinquantenaire de la loi Verdeille qui les a engendrées.

C’est une assemblée d’une centaine de personnes, membres du SHCF et du CIC, sénateurs, parlementaires, mais aussi députés départementaux, chasseurs passionnés, présidents d’ACCA et membres des fédérations départementales de chasse, parfois venus de loin, qui se sont réunis dans la salle Clemenceau pour assister aux débats sur ce thème technique mais qui s’est avéré riche d’enseignements.

Le propos, organisé en trois sessions et conduit par Jean-François Colomer, administrateur du SHCF, était réparti entre une quinzaine d’intervenants d’horizons variés : membres de l’Exécutif (Maire, Conseiller Général, Sénateur), représentants d’associations de propriétaires privés, Directeurs d’ACCA venus présenter leur expérience du terrain, Présidents de fédérations de chasse, protecteurs de la nature avec notamment la présence de la Ligue de Protection des Oiseaux, mais aussi juriste et avocat, afin de garantir la pertinence et la spécialisation des interventions tout en variant les horizons et points de vue.

colloque_ACCA_Lagier_3Maître Lagier sous l’oeil intéressé des autres intervenants (de gauche à droite : Jean Jacques Mirassou, Victor Scherrer, Christian Lagalice, Philippe Landelle, Jean François Colomer)

On peut tirer plusieurs points importants et lignes directrices de cette après-midi de concertation, qui s’est déroulée dans une ambiance détendue, conviviale mais studieuse, sous la férule d’un Victor Scherrer (le Président du SHCF) passionné et enthousiaste.

Les ACCA assurent aujourd’hui des fonctions à préserver, voire à intensifier :
– Associatives, conviviales, elles rassemblent les volontés autour d’une activité commune tout en garantissant l’accès facile au territoire de chasse et donc, l’implication des chasseurs dans la gestion de ce dernier, rendue plus évidente par la connaissance de ce territoire.
– Elles sont en milieu rural un des vecteurs principaux, sinon le principal, de sociabilité et d’activité, y compris pour les non-chasseurs.
– Elles sont de par leur échelle, un outil de gestion fine de la faune et du territoire intéressant, en particulier pour le petit gibier, comme le montre l’exemple de Garganvillar.
– Elles garantissent le maintien d’une chasse populaire en France, de façon plus encadrée que la chasse banale.
– Elles jouent un rôle pédagogique auprès des jeunes, des chasseurs et des non-chasseurs, bien placées pour sensibiliser à la nature, à la chasse durable et pour améliorer l’image du chasseur.

Mais elles ont aussi des défis à relever :
– Elles doivent impérativement s’ouvrir –ou se rouvrir- sur l’extérieur (chasseurs étrangers à la commune, non-chasseurs, propriétaires fonciers) pour ne pas s’étouffer par manque de fonds monétaires, apprendre à mieux gérer leur territoire, rester dans le respect des petits propriétaires privés et faire évoluer l’image de la chasse populaire en France.
– Elles doivent apprendre à mieux communiquer sur leurs actions, et avec les autres gestionnaires du territoire et de la faune sauvage à l’échelon local. La concertation est l’un des mots clés du Colloque.
– Elles ne doivent pas rester bloquées à l’échelon communal, mais pouvoir s’adapter au besoin de la gestion. Par exemple, l’AICA, à l’échelon intercommunal, est plus indiqué pour la gestion des grands gibiers qui prolifèrent.

colloque_ACCA_Lagalice_3Christian Lagalice, Président de la FDC du Jura et Président de l’ANFACCA, répondant à une question du public

Ce Colloque, riche et dense, aura permis à chacun d’en apprendre sur la chasse populaire et les Associations Communales de Chasse Agréées, et de s’exprimer sur ce thème. Un certain nombre de pistes ont été dégagées à son issue, et chacun s’est retrouvé pour poursuivre le débat lors du cocktail, dans une ambiance détendue et conviviale à l’image du reste de cette journée. Le Saint-Hubert Club de France se réjouit du succès de cette manifestation ; reste maintenant à réfléchir aux manières de mettre en œuvre les suggestions soumises par les intervenants.

Les commentaires sont ouverts pour cet article, alors n’hésitez pas à nous poster vos réactions !

 Si vous souhaitez en savoir plus, les actes du colloque ont été publiés dans le numéro 112 de la Revue « Le Saint-Hubert » que vous pouvez commander par email au sainthubertclubdefrance@gmail.com

Les relations entre l’homme et les animaux : zoolâtrie ou codes de conduite ?

Colloque_28 janvier 2013 bandeau dateLe 25 janvier 2013 se déroulait au Palais du Luxembourg le colloque « Les relations entre l’homme et les animaux : zoolâtrie ou codes de conduite ? ».

La relation Homme-Animal s’est considérablement transformée à partir des années 1950 avec l’urbanisation des modes de vie et la perte du lien direct entre les individus et les animaux utilisés pour la consommation ou le travail. Lorsque la majorité d’une population perd ce lien, ce qui est maintenant le cas dans la plupart des pays du monde occidental, l’animal ne devient connu qu’en tant qu’animal de compagnie, quasi membre de la famille, à qui on attribue des vertus sur un mode anthropomorphique.

  L’enseignement primaire et les médias ont souvent tendance à présenter tous les animaux sauvages comme des créatures nobles, généreuses et inoffensives, victimes de la cruauté de l’homme ; ils influencent ainsi les générations futures en occultant des pans entiers des réalités concrètes de la relation Homme-Animal sous tous ses aspects.

EPSON MFP image

Il n’est alors pas étonnant que cette évolution sociologique conduise à des pressions sur des modifications du droit international et national sur des questions comme les conditions de production des animaux, leur mise à mort, la régulation des espèces par la chasse, la pêche ou autres procédés, ou les spectacles impliquant des animaux. La souffrance et la mort sont considérées de plus en plus comme inacceptables ; le militantisme pro-animal devient parfois plus actif que celui pour le respect des droits de l’homme.

Dans les pays riches, ces pressions conduisent aussi à des modifications massives de régime alimentaire, liées notamment à des arguments (encore controversés dans la communauté scientifique) portant sur le rôle négatif qu’aurait l’élevage de certains animaux destinés à la consommation à l’égard du changement climatique. Elles génèrent des attaques de plus en plus violentes sur l’usage des aliments composés et des produits de soins aux animaux (vaccins, antibiotiques, vitamines, etc. …) alors que la production alimentaire a du mal à suivre la demande mondiale, notamment en protéines, provoquée par la croissance démographique. Les pressions sur l’évolution du droit national et international relatives au statut juridique de l’animal et aux différents codes de conduite sont de nature à entraîner des bouleversements considérables, y compris au niveau des bénéfices considérables apportés actuellement à l’homme par l’animal.

Par ailleurs la régulation des espèces sauvages par l’homme, si elle est bien encadrée par une législation et son application rigoureuse, est un puissant facteur de protection de la biodiversité, de même que les politiques de contrôle des maladies s’appliquant aussi bien aux animaux domestiques qu’aux animaux sauvages.

  Face au développement de doctrines largement relayées par les médias, et de réseaux d’influence qui prônent peu ou prou l’effacement de la distinction Homme-Animal et dont les conséquences pour la société s’avèrent à ce jour «  incommensurables », ce Colloque organisé par le Saint Hubert Club de France a étudié les évolutions souhaitées des relations Homme-Animal et des codes de conduite à privilégier en les situant dans leurs dimensions philosophiques, scientifiques, économiques, juridiques et socio-politiques.

 Si vous souhaitez en savoir plus, les actes du colloque ont été publiés dans le numéro 106 de la Revue « Le Saint-Hubert » que vous pouvez commander par email au sainthubertclubdefrance@gmail.com

Chasse, Usages et Usagers des Territoires Ruraux (Novembre 2011)

Le 3 novembre 2011, le Saint-Hubert  Club de France et ses partenaires (Fondation de la Maison de la Chasse et de la Nature, Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage,  Fédération Nationale des Chasseurs, Céréaliers de France, GDF-SUEZ)  ont organisé un premier colloque intitulé « Chasse, Usages et  Usagers des Territoires Ruraux ».

Ce fut l’occasion de rassembler toutes les parties prenantes des territoires ruraux y compris les opposants à la chasse et de construire un véritable exercice de réflexion pour résoudre et prévenir les conflits d’usages qui, ici et là, nuisent aux bonnes relations entre les usagers de nature.

Se réapproprier la ruralité

Diffuses,  les valeurs de la nouvelle ruralité ont éclaté au grand jour lors de ce colloque. Bien différentes des notions de travail et d’usage d’autrefois, elles penchent singulièrement vers le loisir et la quiétude.

Cette évolution des valeurs rurales n’est certes pas nouvelle. Mais, c’est un processus long et discret qui a tranquillement fait son chemin au cours des 30 dernières années. En mettant bout à bout les décisions de justice favorables aux nouveaux arrivants excédés par les nuisances de la vie rurale, les conflits d’usage avec les chasseurs, les agriculteurs et les forestiers provoqués par des promeneurs ou des cueilleurs sans vergogne, le morcellement des espaces ruraux et leur diminution, il apparait nécessaire et urgent de repenser l’organisation de la nature en fonction des usages appropriatifs (propriété privée, forêt, agriculture, chasse…) et des usagers non appropriatifs (promeneurs, cueilleurs, sportifs…). Au sein de cette redéfinition, la faune sauvage, dont fait partie le gibier, doit être considéré comme un bien commun sur lequel, certes, les chasseurs ont un droit privilégié -celui de prélever- mais sur lequel les autres usagers appropriatifs et non appropriatifs ont aussi leur mot à dire. Si les chasseurs, contributeurs bénévoles à la protection de la nature et de la biodiversité, reconnaissent l’existence de droits légitimes des  usagers non appropriatifs (droit de profiter des espaces ruraux, droit de regard sur l’état de la nature), ils estiment que ce partage ne pas se faire par un découpage (pas de jour où la chasse est interdite).

Quelles sont les voies de cette prévention ?

Pour les chasseurs, il s’agit de faire respecter, par les autres usagers, la pratique de leur passion et les contraintes qui y sont inhérentes (chiens, détonation, prélèvement). D’autant que leur pratique est par définition limitée dans le temps. Cela implique pour les uns et pour les autres de développer des approches communes sur des projets, d’apprécier les apports de chacun à leur juste valeur, de créer des outils d’expertise acceptés par tous. Enfin, chaque fois que possible, il convient de privilégier une approche de type contractuel, au plus proche du terrain et portant sur des enjeux concrets. Tout cela existe déjà, il s’agit donc de continuer ce qui a déjà été entrepris. A savoir, pour le chasseur individuel, de s’ouvrir aux pratiques des agriculteurs et des forestiers des territoires sur lequel il chasse, d’entamer le dialogue avec eux, de s’entraîner à parler de la chasse sous l’angle des apports économiques et écologiques, de réfléchir avec sa société ou son association aux besoins en termes de terrains de chasse et aux moyens de les maintenir, d’informer l’usager qui passe lors d’une battue et de participer à toutes les discussions sur le projet pour sa commune. Pour les groupes de chasseurs au sein d’une société, d’une association ou d’une fédération, il est nécessaire de continuer à établir des documents permettant de donner les chiffres de la participation des chasseurs aux services écologiques et économiques, de définir la notion de protection et de nature à l’échelle de leur territoire et de participer aux instances de discussion sur la protection de la nature.

Notre atout, la sociabilité

Il est un atout que les chasseurs, de par leur histoire, leurs traditions et leur enracinement rural, doivent encore et toujours mettre en valeur : la sociabilité. En hiver, dans nombre de villages, les chasseurs sont les seuls à créer du lien, à animer les campagnes. Rendez-vous de chasse, déjeuner, fêtes, la chasse est toujours et doit rester synonyme de convivialité et de partage. En restant maître de cette sociabilité villageoise, la chasse a entre ses mains le meilleur outil de prévention des conflits. En dehors des contrats et des bases chiffrées des revendications, c’est par la connaissance personnelle d’un chasseur que les populations peuvent s’ouvrir à cette activité. Connaître celui ou celle qui tire les coups de feu peut permettre à ces néo-ruraux de se sentir moins menacés et d’être plus en confiance. Alors oui, faire des diners de chasse, partager la venaison, emmener ses voisins assister aux comptages des lièvres ou des perdrix, planter une haie ensemble et aider les enfants à reconnaître les traces des animaux sont des gestes simples qui permettent de mieux se connaître, de s’apprécier et donc de ses respecter.