La Ministre de l’Ecologie à l’écoute de la Fédé des Hautes Pyrénées

Le 19 Juillet dernier, Ségolène Royal, Ministre de l’Ecologie, était en visite dans les Hautes Pyrénées à l’occasion de la réimplantation des bouquetins ibériques. Jean Marc Delcasso, Président de l’Observatoire des Galliformes et Président de la Fédération Départementale de Chasse,  a ainsi pu s’entretenir avec la ministre et défendre l’action des chasseurs, bénéfique pour la biodiversité.

Que ce soit par les comptages de population, par la restauration et l’entretien des habitats (ouverture des milieux par exemple, pour le grand tétras) ou par la régulation des prédateurs, directs comme indirects (comme le sanglier, grand consommateur d’œufs !), la chasse raisonnée, y compris d’une espèce vulnérable, contribue à la sauvegarde de cette dernière, par le fort investissement des chasseurs. « Je vous demande votre soutien au nom des chasseurs français et en tant que nouveau président de l’observatoire des galliformes », termine monsieur Delcasso.

La ministre de l’Ecologie a acquiescé à ces propos et s’est montrée ouverte au dialogue, désireuse de « trouver un juste équilibre» entre les impératifs inhérentes à sa charge : œuvrer à la sauvegarde et à l’amélioration de la biodiversité, et les activités humaines, comme le pastoralisme. Elle s’est dite « très pragmatique », et a fait valoir les actions déjà menées depuis sa prise de poste, en particulier sa courageuse position dans l’épineux problème du loup. Elle a aussi félicité  la mise en place de la stratégie nationale d’actions en faveur du Grand Tétras, auquel Jean Marc Delcasso a bien entendu participé.

L’enregistrement complet  de cet entretien est disponible à cette adresse : Cliquez moi

Contournement ferroviaire Nîmes-Montpellier : des mesures compensatoires pour les chasseurs

A l’occasion du dixième anniversaire de l’Ecole du Chasse du Gard, une convention a été signée pour la mise en œuvre de ces mesures.

La nouvelle ligne à grand vitesse Nîmes-Montpellier, d’une longueur totale d’environ 60 kilomètres, impacte les territoires de 19 sociétés de chasse dans le Gard et 9 dans l’Hérault.
Par un contrat de partenariat, Réseau Ferré de France (RFF) a confié la maîtrise d’ouvrage des équipements afférents à cette nouvelle ligne à la société OC’VIA, qui conduit en son nom les concertations avec les tiers et procède aux acquisitions foncières. Ce contrat de partenariat met à la charge d’OC’VIA la mise en œuvre de mesures compensatoires aux impacts environnementaux créés par les travaux de la ligne.

Une première convention avait été établie en 2011 entre RFF et les Fédérations de Chasseurs du Gard et de l’Hérault. Elle confiait à ces dernières l’expertise des impacts afin de définir des mesures compensatoires.

La deuxième convention, signée dernièrement à Nîmes entre la Région, RFF, OC’VIA, les FDC 30 et 34 et la Fondation pour la Protection des Habitats de la Faune Sauvage porte essentiellement sur la rétrocession de parcelles à la Fondation qui en devient propriétaire et sur lesquelles OC’VIA financera les mesures environnementales. Si ces mesures s’avèrent satisfaisantes, d’autres lots de rétrocession seront envisagés. Rappelons que la Fondation pour la Protection des Habitats de la Faune Sauvage est dédiée aux acquisitions foncières. Elle a été créée à la fin des années soixante-dix par les chasseurs. Elle est financée par des donations volontaires émanant des fédérations départementales de chasseurs. Reconnue d’utilité publique par décret du 6 octobre 1983, la Fondation est aujourd’hui propriétaire de près de 5500 hectares dans 60 départements.

Article transmis par la Fédération Nationale de la Chasse

les jeunes chasseurs dans le coup

                Monsieur David Douillet, député des Yvelines et membre d’honneur du Saint-Hubert Club de France, parraine pour septembre une opération initiée par le Club des Jeunes Chasseurs d’Île de France. Le SHCF se devait d’en parler, d’autant que cette initiative, qui fait suite à une première opération lancée en 2012 et à une participation de grande ampleur en 2013 à l’opération « Nettoyons la nature » des magasins E. Leclerc qui a réuni plus de 60 bénévoles pour une récolte de plus de quatre tonnes de déchets en une matinée, est des plus louables. Le CJC IDF organise donc une nouvelle opération de nettoyage le samedi 27 Septembre au matin, dans le bois de Saint-Vincent aux Mureaux (78).

Le choix de ce lieu est motivé par un partenariat mis en place depuis trois ans entre le Club et l’association AMBOSAVI 78 (les Amis du Bois Saint-Vincent), qui met gracieusement ses territoires de chasse à disposition des jeunes chasseurs du CJC IDF, en contrepartie du nettoyage de ces territoires, dont le bois Saint-Vincent fait notamment partie.

Cette opération du CJC IDF, qui profite du programme « Nettoyons la Nature » comme l’année dernière, est soutenue par la Mairie des Mureaux et la FNC d’Île de France, les scouts de Saint-Benoît de Verneuil sur Seine et plusieurs équipes de bénévoles.

Le CJC IDF invite l’ensemble des participants à se retrouver autour d’un grand barbecue en fin de matinée, à la suite de l’opération dont ils espèrent qu’elle connaîtra un grand succès.

La mairie de Beynes reprendra le lendemain l’opération, séduite par l’efficacité du grand nettoyage de l’an passé.

Quant-à nous, saluons nos jeunes chasseurs, soucieux de l’environnement et de l’image de notre passion. Impliqués et motivés, la relève est assurée !

Les rendez-vous de février

Les prochains rendez-vous du SHCF auront lieu en février. Ne manquez pas de vous inscrire !

Nous vous attendons le 18 février 2015, à 8h30, autour d’un petit déjeuner à thème au restaurant Au Chien qui fûme à Paris ; sur le thème « une vie de chien… de chasse », présenté par la Société Centrale Canine.

Plus d’infos sur cet  événement ici :

Café Philo Sanglier 

Pour rappel, le Saint-Hubert du Chasseur : Guide Pratique et Juridique est toujours disponible sur commande.

Bon de Commande Guide Pratique et Juridique

Chasse et vieillesse : pas des ennemis, des alliés !

« La vieillesse est notre ennemi à tous ; mais la chasse n’est-elle pas un bon moyen de la repousser, de bien la vivre ? » C’est en ces termes que Victor Scherrer a ouvert la présentation du docteur Françoise Forette, spécialiste en gérontologie et directrice de l’antenne France de l’Inter Longevity Center.

Mercredi 14 mai dernier, les membres les plus matinaux du club se sont en effet retrouvés au restaurant Un Dimanche à Paris, pour partager un délicieux petit déjeuner dans une atmosphère toujours aussi conviviale et camarade, lors du fidèle rendez-vous trimestriel du SHCF : le Café Philo. Vous l’aurez compris, le thème de cette rencontre était fédérateur : la vieillesse nous concerne tous, tôt ou tard… Chasseurs comme non-chasseurs ! Pourtant, loin de ternir l’ambiance avec un sujet qui peut se révéler sensible, le docteur Forette a captivé l’attention de son audience grâce à un exposé riche et passionnant, des arguments scientifiques étayés par des exemples variés, et une belle énergie. Si madame Forette ne chasse pas, elle n’en a pas moins su piquer au vif l’intérêt des disciples de Saint Hubert.

Durant son intervention d’une heure et demie, Françoise Forette a fait un état des lieux de la vieillesse en France, en Europe et dans le monde ; elle a abordé les facteurs de risque responsables des maladies et de la vulnérabilité liés au vieillissement, et les moyens de prévention existants pour les contrer. Il est apparu en filigrane tout au long de la présentation que la chasse, activité riche et variée stimulatrice des fonctions musculaires, cérébrales et perceptrices, pourvoyeuses d’activité, de responsabilités et de lien social, est un très bon moyen de conserver force, santé et réactivité à tout âge. D’ailleurs, plusieurs études anthropologiques le disent : « on ne devient un bon chasseur qu’avec l’âge ». La chasse est, contrairement à d’autres sports et activités, davantage affaire d’expérience que de jeunesse !

Quelle plus belle clôture, pour ce Café Philo unanimement salué et chaleureusement applaudi, que l’intervention finale de monsieur Crosnier, qui s’est levé fièrement et a interpelé en ces mots le Président Victor Scherrer : « Cher Président : j’ai quatre-vingt-cinq ans et je vais à la chasse, je joue au golf, et je continue  mes activités, toujours avec optimisme ! » ?

Si vous avez loupé ce Café Philo, ne manquez pas le prochain, le 3 septembre 2014 ! 

Opération de contrôle dans le Parc National des Calanques

Le Parc National des Calanques et l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage nous ont fait parvenir un communiqué de presse concernant une récente opération de contrôle d’activité effectué conjointement dans le coeur du parc. Je vous retransmets ce rapport.

« Depuis sa création le 18 avril 2012, le Parc national des Calanques assure le suivi et le contrôle des usages qui se pratiquent dans le Parc. La dernière opération de police a été réalisée conjointement par le Parc national des Calanques et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) du 1er au 5 mai 2014.

Sur cette période, une opération de contrôle d’activités dans le cœur du Parc a été menée sous l’égide du Parc national des Calanques et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Au total, 24 agents ont été mobilisés sur cette intervention de 5 jours, dont 9 agents du Parc national et 13 agents de l’ONCFS provenant du service départemental et de deux Brigades mobiles d’intervention.

Cette intervention a permis de relever 43 infractions à l’encontre de 44 personnes, portant sur des activités et usages interdits en cœur de Parc :

-          30 verbalisations sur des bivouacs ou caravanings

-          3 verbalisations sur un usage de feu

-          1 verbalisation sur un usage d’instrument sonore

-          1 verbalisation sur un déversement de déchets

-          2 verbalisations sur une exécution de travaux sans autorisation

-          1 constatation d’occupation d’une plage

-          2 verbalisations sur la circulation d’un véhicule sur une route forestière interdite

-          1 verbalisation pour une circulation interdite en espace naturel

-          1 verbalisation d’un pêcheur de loisir en zone de non-prélèvement (ZNP)

-          1 verbalisation d’un pilote de bateau pour bouée tractée

Les agents du Parc national et de l’ONCFS ont reçu un bon accueil de la part du public et ont par ailleurs sensibilisé plusieurs dizaines de personnes aux différentes règles du Parc national des Calanques.

Tout en s’inscrivant dans la politique pénale édictée par le Parquet de Marseille, ils ont fait preuve de discernement et d’une grande intelligence des situations concernant les contrôles du respect de la réglementation.

 La mise en œuvre effective des politiques publiques environnementales passe, au-delà des nécessaires actions d’information, de sensibilisation et d’incitation, par une police de l’environnement efficace, à la fois aux plans administratif et judiciaire. Des problématiques telles que le renouvellement des ressources naturelles, le maintien et la restauration des espèces, des habitats naturels et des paysages, l’enrayement de l’érosion de la biodiversité, la limitation des pollutions passent par une police de l’environnement avec des prérogatives et des compétences techniques adaptées.

Les polices de l’environnement s’appuient sur deux dispositifs complémentaires : les outils de police administrative ont avant tout une vocation préventive, associée à un processus d’autorisation préalable, tandis que ceux de police judiciaire ont une vocation de dissuasion et de répression. Leur articulation intelligente et pragmatique est un déterminant essentiel de leur efficacité.

Suivi et contrôle des usages dans le Parc national des Calanques

Cette veille se concrétise notamment à travers les actions de sensibilisation et d’information menées par les gardes-moniteurs du Parc et par les écogardes en saison estivale, les procédures d’autorisations régies par le décret du Parc, mais également par l’organisation d’opérations de contrôle en lien avec les partenaires du Parc national des Calanques. Les agents assermentés assurent les fonctions de contrôle et, le cas échéant, de verbalisation, liées à l’application de la réglementation. « 

A Montpellier, la chasse et la pêche partageront le même toit

La région Languedoc-Roussillon, qui entretient une relation soutenue avec les chasseurs et les pêcheurs et encourage toutes les actions visant à l’entretien des milieux et des paysages par ces derniers, a fait siennes les problématiques de chasse et de pêche durables. L’ouverture prochaine d’une Maison régionale de la Chasse et de la Pêche à Montpellier, dont l’inauguration est prévue pour 2015, vient conforter cette ligne de conduite. Un budget total de 1,63 M€ a été alloué à ce projet, dont 1,5M€ pour les travaux.

Le projet, porté par le Conseiller Régional Ferdinand Jaoul, a pour objectifs de renforcer la coopération entre la région et les acteurs du monde cynégétique et de faire mieux connaître ces activités de pleine nature au grand public. Située en milieu urbain, cette vitrine de la ruralité, de la chasse et de la pêche, construite selon les critères et normes écologiques et environnementales européennes, sera un lieu d’échanges privilégié promouvant la chasse, la pêche et le développement durables, à la pointe de l’éco-construction.

Saluons cette initiative, pour l’attention portée à ces activités trop méconnues et pourtant si bénéfiques à notre environnement. Placer la chasse et la pêche sous le même toit, dans un bâtiment Haute Qualité Environnementale située en pleine ville, symbolise les liens étroits qui font le fondement des milieux naturels que nous connaissons, des milieux dans lesquels l’Homme a toute sa place, dans le respect de la biodiversité et des paysages. La chasse et la pêche, soeurs jumelles, méritent de telles vitrines locales, lieux d’échange et de discussions qui seront, nous l’espérons et le pensons, à même de montrer au public non-initié mais curieux, notre passion sous son vrai jour.

Utilisation des appeaux vivants à la chasse

Le 15 Avril dernier, le Parlement Européen votait une nouvelle fois au sujet de l’utilisation des appeaux vivants à la chasse, malgré un premier rejet au 11 Février 2014, suite à une mobilisation intensive de la FACE. Cette proposition d’interdiction a été redéposée par José Bové, au nom du groupe des Verts allemands.

L’argument principal avancé par les plaignants était le risque que ces oiseaux détenus et utilisés comme appeaux vivants à la chasse de certaines espèces (grive, corvidés, pigeons, canards…) soient un vecteur de contagion impossible à contrôler. Or cet argument n’est pas défendable scientifiquement, et ces oiseaux ont même au contraire déjà servi d’indicateurs de santé pour des espèces sauvages, jouant ainsi un rôle précieux dans la lutte contre la grippe aviaire.

Cette pratique légale et traditionnelle ancrée dans plusieurs pays méditerrannéens dont la France, participe de la chasse durable et se préoccupe du bien-être des animaux détenus. La proposition d’interdiction a été une nouvelle fois rejetée par le Parlement Européen à une large majorité, le 15 avril (468 votes contre 164, et 15 abstensions).

Voici en lien le communiqué de la FACE à ce sujet.

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la Chasse : Fontaine de Jouvence ?

Selon le Littré, « Fontaine de Jouvence : fontaine fabuleuse à laquelle on attribuait la vertu de rajeunir ! Au figuré : se dit de tout ce qui rajeunit ».
La chasse a-t-elle la vertu, sinon de rajeunir les disciples de Saint-Hubert, du moins de contribuer à les maintenir « en forme » et en bonne santé ; en un mot de les aider à bien vieillir ? Pour beaucoup de chasseurs, la réponse ne fait pas de doute. Après une bonne journée de chasse, nous en sentons les bénéfices, à la fois physiques et psychologiques ….

Cela posé, l’âge moyen des chasseurs s’est accru de 5 ans sur les 15 dernières années, passant de 45 à plus de 50 ans ; et, parmi les causes du déclin global du nombre de chasseurs (1 million de chasseurs en moins depuis 1975, mouvement certes ralenti mais qui se poursuit jusqu’aujourd’hui avec, en 2013, une perte de 1.8%) les causes d’abandon de la chasse dites « naturelles », liées à l’âge et à l’état de santé, représentent près du tiers.

Dès lors, nous avons demandé à une éminente spécialiste de nous donner son avis. Nous avons donc invité à notre prochain Café Philo, le 14 mai prochain, le Professeur de Médecine interne et Gériatrie Françoise Forette, Fondatrice et Directrice de l’International Longevity Center-France (ILC-France).

Comme d’habitude, le rendez-vous est fixé Mercredi au restaurant Un Dimanche à Paris, de 8h30 à 10h00.

La Chasse, Fontaine de Jouvence ? http://sainthubertclubdefrance.fr/?p=1333
Inscrivez-vous par téléphone ou par mail, nous vous y attendons, comme toujours, nombreux, de bonne heure… Et de bonne humeur !

les Chasseresses, de André Delacour (1908)

Au détour d’un dossier d’archive, je suis tombée nez à nez (si je puis dire) avec un joli poème en alexandrins daté de 1908, et déclamé le 24 mai de la même année lors d’un banquet du SHCF. C’est une ode à la chasse, à la liberté, mais aussi une invitation faite aux femmes, en ce début du siècle dernier, à prendre leur juste place au sein du monde cynégétique. Notons au passage l’argument hygiéniste : la chasse rend le corps plus sain, plus fort, plus résistant ; une bonne introduction à notre prochain café philo : « la chasse, fontaine de jouvence » ! Un parfum de guerre jalonne ce texte ancré dans son époque, auquel André Delacour donne des airs épiques. 

« Les Chasseresses 

A Monsieur le Comte Clary

Le croissant sur le front, l’arc à la main, robuste,
Livrant aux seuls baisers du vent son souple buste
Et laissant par la ronce écorcher ses genoux,
Diane n’est pas morte ; – elle revit en nous !
Sa vigueur généreuse et sa mâle espérance
Coulent dans notre sang, à nous, femmes de France,
Qui, parmi les halliers où son pas nous conduit,
Pour aguerrir Demain exerçons Aujourd’hui !

Quand la lâcheté pleure : « Hélas ! Ce siècle penche
Et sur un tronc pourri semble une lourde branche
Qui craque vers Novembre à tous les coups de vent ! »
La chasseresse alors répond : « Il est vivant ! »
Car un siècle où la femme en effet se dérobe
Au seul souci causé par le choix d’une robe,
A l’air anémiant du théâtre et du bal,
Pour battre la forêt et pour fouiller le val,
Rouler dans le ravin puis grimper sur la crête
D’un pied et d’une ardeur que nul buisson n’arrête ;
Pour n’avoir au-dessus du front que le ciel bleu,
Pour sourire au soleil en défiant son feu,
Pour exalter son âme, en se grisant d’air libre ;
Ce siècle vit ; sa vie est belle d’équilibre ;
Et nous avons la foi qu’un peuple de vainqueurs
Naîtra de nous, qui nous préparons de tels cœurs !

Si la Fortune vous a gâtée, en marraine,
Désertez les salons dont vous êtes la reine,
Madame, et qu’on vous selle un fougueux alezan.
Dans vos vieilles forêts de France, allez-vous-en :
Là le chêne médite et l’orme est en prière…
Or, que la trompe éclate en fanfare guerrière !
Tous les échos du bois, en sursaut réveillés,
Seront la voix des preux dressés hors des halliers
Et les feuilles feront le bruit de leurs cuirasses,
Et vous vous souviendrez qu’ils ont créé vos races !
Mais les chiens découplés bondissent en hurlant !
La trompe sonne. Un cerf est levé. D’un élan,
Chiens, piqueux, cavaliers, fringantes amazones
Traversent la clairière où frissonnent les aulnes,
Entrent dans la forêt où le cerf s’est jeté,
S’engagent tour à tour dans l’ombre et la clarté ;
La plaine suit le bois en éreintant la bête ;
C’est une chevauchée ardente, une tempête
Qui roule avec le bruit d’un torrent dans son lit
Et qui triomphe par un sonore hallali !…

Si dans l’emportement de leurs chasses à courre,
Les féaux chevaliers apprenaient la bravoure,
O Femmes ! Maîtrisons ainsi tout lâche émoi :
Et, Duchesse d’Uzès, dites-nous : « suivez-moi ! »

Mais si nous n’avons pas ces princières ressources,
Nous pouvons, -babillant dans l’aube avec les sources,
Et nous sentant les sœurs jumelles des grands lys-,
Pour préparer en nous le destin de nos fils,
Nous pouvons, esprit libre et frimousse amusée,
Partir le nez au vent, les pieds dans la rosée ;
Tandis que l’épagneul quête loin devant nous,
Nous enfoncer dans les trèfles jusqu’au genou,
Et tout à coup sentir notre cœur qui tressaille,
Quand nous voyons le chien arrêter une caille ;
Puis lorsqu’en un frisson de plumes, l’oiseau part,
Epauler, faire feu, quelquefois au hasard,
Mais très souvent avec une adresse si sûre
Que l’oiseau tombe mort d’une seule blessure
Et qu’après quelques bonds le chien obéissant
Nous l’apporte, en teignant nos mains d’un peu de sang !
Le soleil monte. Et, comme un lion qui caresse,
Son feu nous enveloppe et son ardeur nous presse,
Et notre cœur grisé goûte la volupté
De boire en ses rayons tout l’amour de l’été !
Les frelons vont dormir dans le sein des pivoines…
-Cependant les perdreaux courent dans les avoines
Et leur poursuite va nous ravir jusqu’au soir !_
Quelle douceur alors de rentrer, de s’asseoir
Au seuil de la maison où grimpe un jeune lierre ;
Et, pour avoir chassé, de se sentir plus fière,
Et, pour avoir couru dans les champs tout le jour,
De mieux aimer la vie, en vivant mieux l’amour !

Cravachons de mépris le monde des névroses !
Mais sous le grand ciel clair que contemplent les roses,
Dans les champs, dans les bois, sur les monts, dans le val,
Gaîment à pied, ou bien fièrement à cheval,
En quête d’un gibier, poussons à l’aventure !
Soyons nous-même au sein profond de la Nature,
Fortifions nos cœurs, assouplissons nos corps,
France !… et nous t’offrirons une race de forts ! »

André Delacour