Les Ch’ti Fox Days : une chasse au renard qui se goupille mal

Aujourd’hui est l’ouverture de la cinquième édition des Ch’tis Fox Days, événement cynégétique organisé dans le Nord par la Fédération Départementale de Chasse (présidée par Jean Marc Dujardin) jusqu’au 23 Février. Si les quatre précédentes n’ont pas fait spécialement parler d’elles, on ne peut pas en dire autant de cette dernière, qui a provoqué un véritable tollé, initié par la Fondation Brigitte Bardot et repris par de multiples défenseurs de la cause animale. Articles indignés, propos injurieux à l’égard des chasseurs invités pour l’occasion à cette semaine de sensibilisation aux méthodes de régulation des prédateurs nuisibles (déterreurs, piégeurs, louvetiers, veneurs…), pétitions, et même une manifestation qui a rassemblé une moyenne de 1000 personnes à Lille.
Soutenus par le Préfet de département, monsieur Dominique Bur, ces âmes bien intentionnées dénoncent « le massacre programmé d’une espèce utile aux récoltes, prédatrice de rongeurs dévastateurs », la cruauté des procédés employés et l’ambiance festive qui entoure l’événement.

Ce fait divers départemental est très symptomatique d’une société où les chasseurs sont diabolisés et de plus en plus rejetés. Vus comme les cruels destructeurs d’une Nature sacralisée, et non comme des utilisateurs- protecteurs, il ne faut pas à mon avis, que les chasseurs négligent ce phénomène. Laisser dire, laisser faire, laisser penser, sont autant de pas vers l’interdiction de la chasse, et vers un déséquilibre de nos écosystèmes, qui ne fonctionnent pas sans l’Homme !

Pourtant, faut-il se montrer bravache et méprisant face à de tels élans anti-chasse ? Je préfère à ces attitudes contre-productives, prendre le parti de la pédagogie, ou du moins, de l’argumentation. Il va sans dire (mais rappelons-le tout de même) que le Saint-Hubert Club de France a toujours, depuis sa création, dénoncé et lutté contre les pratiques de braconnage. Nous voulons une chasse durable et responsable, dans le respect des prises, et nous condamnons les cruautés dont les plus fervents des anti-chasse accusent le monde de la chasse.
Si il serait impossible de nier l’existence de telles honteuses et barbares pratiques, l’évidence même est que la FDC du Nord ne les encourage pas via l’organisation d’un événement qui a pour objectif l’information, la formation, la sensibilisation des chasseurs aux thématiques de la faune dite nuisible. Le renard est, dans ce département, en surpopulation, comme le montrent le nombre de prises en forte hausse et les observations sur le terrain.
Le renard est un chasseur très utile lorsqu’il s’occupe de réguler les populations de rongeurs, qui s’ils prolifèrent sont de véritables plaies pour les agriculteurs. C’est aussi un très bon garant de la santé de ces populations herbivores, car en s’attaquant aux plus faibles, il supprime les individus malades, limitant ainsi les risques d’épidémies. Mais s’il vient à être en surpopulation, ce prédateur, non seulement est l’auteur de massacres dans les basse-cours, nuit au renouvellement de la petite faune sauvage au lieu de simplement la réguler, et est doté de l’inélégante habitude de fouiller les poubelles et tuer les chats, mais encore, il est porteur de maladies extrêmement graves et transmissibles à l’homme, comme par exemple l’échinococcose alvéolaire, une maladie mortelle attaquant le foie, et la néosporose, transmise aux élevages via le renard par un parasite et responsable de ravages chez les ruminants.

Nous savons aussi qu’une densité trop importante d’individus d’une population sur la même aire augmente considérablement la vitesse de propagation d’une maladie. En conséquence il est important, et urgent pour le cas du département concerné, de gérer les populations par la régulation, avec efficacité, rapidité et dans le respect de l’animal.
Il est probable que nous ne convaincrons jamais Brigitte Bardot et ses suiveurs, tout comme ils ne nous persuaderont jamais. Pour eux, tueurs nous sommes, monstres nous sommes. Et au fond, comment les en blâmer totalement, dans une société où la mort est le pire des maux, cachée dans les hôpitaux, les hospices, crainte au-delà de tout ? Mais ne laissons pas ces discours sans réponse. Faites de cette édition des Ch’ti Fox Days un succès, et soyez l’exemple de la Chasse Durable et de la chasse respectueuse, pour qu’enfin le chasseur retrouve sa juste place dans les esprits.

C.A.